Sosucam : la production sucrière menacée par la contrebande

Sosucam : la production sucrière menacée par la contrebande

Contre ce phénomène, le président-directeur général de la Sosucam souhaite qu’une commission de régulation du marché soit mise en place

Interrogé, en marge des préparatifs de la célébration de l’entreprise, le président-directeur général de la Sosucam a pointé un doigt accusateur sur le phénomène de la contrebande et des importations illégales et massives au port de Douala, la principale porte d’entrée du pays située dans la métropole économique.

« Nous avons actuellement 35.000 tonnes de stock dans les magasins, alors des milliers de tonnes de cette denrée sortent tous les jours du port de Douala, sans payer la douane », a déploré Louis Yinda, dénonçant un marché inondé de sucre à la provenance douteuse, et ce au moment où il est interdit, jusqu’à nouvel ordre, d’importer du sucre au Cameroun.

Refusant toutefois de nommer les auteurs de ces pratiques, le patron de la Sosucam souhaite aujourd’hui la mise en place d’une commission de régulation du marché.

A la contrebande et à la fraude douanière, s’est ajoutée une sécheresse inédite et tenace depuis novembre.

Selon M. Yinda, « il s’agit d’une calamité naturelle qui a atteint le potentiel de production de l’entreprise d’au moins 7 à 8%, alors que la SOSUCAM pratique la canne pluviale, qui coute moins cher que la canne irriguée et doit, face au péril et à ses propres frais, expérimenter l’irrigation mécanique ».

« Si ça continue ainsi, je serai obligé de demander à l’Etat de nous venir en aide », a-t-il poursuivi, précisant que son entreprise, qui envisage un investissement d’un peu plus de 11 milliards FCFA pour la prochaine campagne, paye 12 milliards FCFA d’impôts et près de 13 milliards FCFA de masse salariale par an.

Invité à commenter l’entrée en vigueur annoncée des Accords de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne, le sucre faisant partie des denrées appelés à être exemptés de droits de douane, Louis Yinda, a appelé l’Etat camerounais à « voir comment gérer cette nouvelle situation » pour ne pas asphyxier l’industrie locale.

Avec un capital de quelque 27,5 milliards FCFA, détenu par le groupe français Somdiaa (75%), par l’Etat du Cameroun (15%), la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS, 10%), la Société nationale d’investissement (SNI) ainsi que des privés camerounais et le personnel de l’entreprise, la Sosucam dispose d’une surface sous canne de 23.460 hectares sur les sites de Nkoteng et Mbandjock, situés à une centaine de kilomètres de la capitale, Yaoundé.

Avec 8000 employés, dont 6000 à plein temps, elle ambitionne de produire 150.000 tonnes de sucre à l’horizon 2017.

 

Source – journalducameroun

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